MUSICA MEDIANTE
Accueil du siteARCHIVES Musica Media N° 1-8, par Alexandra MUSICA MEDIA N° 5, édition des V° MELTIQUES, Novembre 2006
Dernière mise à jour :
jeudi 4 février 2016
Statistiques éditoriales :
110 Articles
4 Brèves
12 Sites Web
3 Auteurs

Statistiques des visites :
1268 aujourd'hui
100 hier
317255 depuis le début
   
Fenêtre sur..la Messe brève en sol majeur de Mozart
vendredi 12 janvier 2007

popularité : 2%

Cette messe relève du genre « Missa brevis » qui apparaît en rupture avec les grandes messes catholiques en musique à la mode italienne dans la première moitié du XVIII° siècle. Elles étaient caractérisées par un mélange contrasté de styles très différents, anciens et modernes et prenaient souvent la grande forme de cantates où alternent chœurs, airs et duos. Une encyclique pontificale de 1749 précisa les règles de l’usage de la musique pour la mettre davantage au service da la liturgie et éviter qu’elle se développe de façon autonome pour mettre surtout en valeur le talent des compositeurs et musiciens. Le prince-archevèque de Salzbourg Colloredo s’efforça de faire appliquer cette réglementation.

Mozart ne se plia que partiellement à cette nouvelle orientation. Il continua à composer des grandes « messes » solennelles avec une riche orchestration, comme la « Messe du Couronnement » ou comme son ultime « Messe de Requiem » (exécutée par le Chœur Mixte les 24 et 25 novembre), mais il produisit une dizaine de « messes brèves » plus modestes, comme la K.140

Cette messe fut longtemps attribuée à Süssmayer, l’élève et ami de Mozart qui compléta et acheva son Requiem. Aujourd’hui Mozart en est reconnu comme le véritable auteur : il l’a probablement écrite, à 17 ans, pour la cathédrale de Salzbourg à l’occasion de la fête de Noël 1773. Cette circonstance peut expliquer l’atmosphère de simplicité recueillie et populaire qui la caractérise et qui lui a valu l’appellation de « Pastorale ». En effet, on peut être frappé par l’importance des motifs joyeux de danse populaire à trois temps au début du « Gloria » ou dans le « dona nobis pacem » de l’ « Agnus Dei », par l’aspect de litanies répétitives dans le « Kyrie ». Mais il y a dans cette œuvre et malgré sa brièveté, environ un quart d’heure, une très grande richesse et diversité d’écriture, de l’allegro triomphant du « Resurrexit » dans le « Credo » ou de l’allégresse du « Hosanna » du Sanctus, jusqu’à la gravité dramatique du « qui tollis » du « Gloria » et à la sérénité toute intérieure et fervente du « Benedictus » et des dernières mesures de l’œuvre : derrière une apparente simplicité, il y a la profondeur complexe de l’âme du jeune Mozart .

Bernard Dumoulin

 

Répondre à cet article