MUSICA MEDIANTE
Accueil du siteARCHIVES Musica Media N° 1-8, par Alexandra Musica Media N°3, édition des IV° MELTIQUES, Novembre 2005
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PABLO A LA RADIO
mercredi 14 décembre 2005

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Le 13 décembre, Pablo Pavon était invité à Radio Bleue pour présenter le festival des Meltiques. Voici quelques extraits de cette interview faite par Isabelle Raché.

Isabelle Raché - D’abord une petite explication sur le mot « Meltiques » ?

Pablo Pavon - C’est un mot inventé avec deux amis, un soir en pensant à ce festival, à ses objectifs. On est arrivés à ce mot qui est une contraction entre « melting-pot » et « musique ».Ce festival est un mélange de musiques savantes qui s’ouvre vers le monde et vers les cultures. Il s’agissait de pouvoir réunir dans une même expression des compositeurs de pays et de cultures diverses et justement, on a commencé la première année avec une proposition très mélangée. On avait un premier concert intitulé « Musiques sous influence » où se côtoyaient la musique classique et la musique d’un pays comme Israël, avec des compositeurs israéliens, des compositeurs juifs de la diaspora, un deuxième concert de musique baroque Hispano-américaine, avec de la musique ibérique et le pont avec l’Amérique Latine, avec de la musique mexicaine, péruvienne et bolivienne et on avait fini avec le Requiem allemand de Brahms, alors, vous voyez, c’étaient des épices de toutes les cultures ( rires).

- Un brassage de cultures qui vous vient aussi de votre propre histoire, Pablo Pavon ?

- Oui, effectivement, on pourrait dire que c’est un peu une continuation de mon vécu musical et de mes racines, c’est vrai que mes grands-parents étaient d’origine diverses, espagnoles, italiennes, russes et allemandes et peut-être que ce sont eux aussi qui m’ont donné le désir de parcourir le monde et de découvrir des cultures différentes.

- Une famille de musiciens ?

- Pas tellement, en tout cas pas mes parents. C’ étaient de grands mélomanes, ça c’est sûr. Ma grand- mère maternelle était pianiste. C’est surtout le goût et le plaisir d’entendre la musique chez mes parents qui nous a ouvert vraiment les oreilles et le cœur à la musique depuis très tôt.[...]

- Vous êtes argentin d’origine, n’est-ce pas ? Qu’est ce qui vous a poussé à prendre votre bâton de pèlerin ?

- La motivation la plus importante a été de rencontrer et de travailler avec une personnalité exceptionnelle, Michel Corboz, qui donnait des cours de direction de chœur au conservatoire de Genève et alors, un beau jour, je me suis présenté, j’ai fait tous les examens qu’il fallait et j’ai commencé mes études de direction chorale. J’ai eu la chance qu’il m’invite à aller chanter dans son ensemble vocal de Lausanne en tant que chanteur professionnel. C’est en le voyant diriger et en participant à ses concerts que j’ai appris le plus et le mieux, c’est sûr. Quelques années plus tard, je suis devenu son assistant de direction, pendant cinq ans, ce qui m’a permis pas seulement de travailler avec son chœur quand il n’était pas là, mais aussi d’être envoyé en « missionnaire » quand on faisait des tournées, il fallait préparer l’orchestre du pays où on allait faire la tournée. C’étaient vraiment des situations très riches pour moi. Il y a deux choses qui m’ont impressionné chez lui, c’est d’abord son amour pour la voix ,cette matière, et ça se voit : il fait même chanter les instruments comme si c’étaient des voix humaines et deuxièmement, sa sensibilité et sa capacité à exprimer les émotions, d’être un pont entre les musiciens, les choristes et le public et de transporter tout le monde vers des niveaux d’émotion très hauts.[...]

Pablo présente ensuite le programme des Meltiques. - On va peut- être parler des compositeurs que vous abordez au cours de ces Meltiques.

- Pour la musique Renaissance, j’ai choisi un compositeur fort intéressant : Mateo Flecha, qui a crée une forme particulière qui s’appelle en espagnol l’ « ensalada ». Il a crée ses œuvres à l’aide de toutes les formes d’écriture possible à l’époque, l’écriture homophone verticale, l’écriture en contrepoint. Il a aussi mélangé les langues et s’est servi des onomatopées qui donnent toute une sonorité. Nous présentons aussi de la musique sacrée en la personne de Tomas Luis de Victoria. Il était un des plus importants compositeurs de cette période du siècle d’or de la polyphonie espagnole. Formé à Rome, il a composé surtout à la cour de Madrid en Espagne.

- Vous avez un petit peu triché, puisqu’il n’y a pas que des compositeurs espagnols...Mario Castelnuovo- Tedesco est italien...

- Oui, c’est vrai, j’admets (rires). Il faut dire que la musique espagnole n’a pas été l’affaire que des compositeurs espagnols. C’est une musique qui a inspiré quantité de compositeurs de pays différents. On a la preuve avec Tedesco qu’un compositeur italien pouvait très bien s’inspirer et rentrer dans cet univers en s’appuyant en plus sur un écrivain extraordinaire comme Garcia Lorca, et ses poèmes du Cante Jondo. En plus, c’est une œuvre pour chœur et guitare, ce qui est rare dans la littérature vocale, et que je trouve fort intéressante à découvrir.

 

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