MUSICA MEDIANTE
Accueil du siteARCHIVES Musica Media N° 1-8, par Alexandra Musica Media N°3, édition des IV° MELTIQUES, Novembre 2005
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jeudi 4 février 2016
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UN GUITARISTE QUI A LE « DUENDE » ET LE DOIGTE : INTERVIEW D’ ANTONIO DOMINGUEZ.
mercredi 14 décembre 2005

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Antonio Dominguez

- A quel âge as-tu commencé la guitare ?

Je n’ai pas commencé très tôt. A l’époque, il n’y avait pas de petite guitare, alors, j’ai commencé un petit peu vers 14 ans. J’ai beaucoup aimé dès le début, je suis entré dans une école de musique et une année après, mon père, ma famille voyaient bien que j’étais passionné et ils ont cherché un professeur. On leur a recommandé un très bon professeur, à la retraite, et j’ai travaillé avec lui pendant une dizaine d’années à Madrid. En même temps, je faisais mes études, je passais des concours, je donnais des concerts. Puis j’ai décidé de changer de cadre. J’ai poursuivi au conservatoire de Genève.

- Tu joues un autre répertoire que la musique espagnole ?

Je joue un répertoire de musique espagnole que j’aime bien, parce que c’est ma culture, mais il n’y a pas que ça. J’aime aussi jouer Manuel Ponte, Bach et le répertoire contemporain de Houtten, un Australien, et de Tagamitsu. Les musiciens contemporains ont constitué un grand répertoire pour la musique qui a permis une exploration des timbres très poussée, très intéressante de l’instrument, parce que la guitare est un instrument très sonore, très timbrique et j’aime le façon avec laquelle ces musiciens exploitent la couleur de l’instrument.

- Il me semble que dans ta manière d’interpréter, ton jeu est très intérieur....

Le répertoire espagnol est très rythmé, très coloré et très passionnel, mais justement, je considère que la culture espagnole est à la fois très sobre, très austère et passionnée, mais il y a aussi beaucoup de retenue.

- Comment es-tu entré en contact avec Musica Mediante ?

Je connais Pablo depuis longtemps. Lui et moi, nous sommes arrivés en même temps à Genève. On s’est d’abord croisés au conservatoire, Pablo venait de débarquer. Nous avons chanté tous les deux dans le chœur de Michel Corboz et c’est de là qu’est partie l’amitié. On s’est un peu perdus de vue depuis, mais cette première amitié du début n’a pas disparu. J’ai une grande admiration pour Pablo comme musicien.

- Qu’as- tu pensé de notre concert de ce soir ?

J’ai beaucoup aimé la couleur, certaines atmosphères, certains choix de tempo, il y avait des choses très intéressantes et cela m’a beaucoup plu. C’est vrai que la guitare était un peu écrasée par le chœur, je ne sais pas comment le public l’a entendue. Peut -être qu’il faudrait chanter ces pièces avec un effectif plus réduit, et placer la guitare au milieu d’un demi- cercle...

Le « duende » est un concept inventé par Lorca. Ce mot, pratiquement intraduisible en français, renvoie à la notion de « démon intérieur » qui saisit l’artiste au moment de l’exécution. C’est en fait une grâce, une magie inexplicable qui s’exhale de son art et qui se transmet au public.

L’interview d’Antonio aurait pu se prolonger encore, lorsque de charmantes personnes ont apporté force victuailles, dont un grand gâteau orné de bougies. C’était pour notre chef (qui se sentait presque comme un italien en découvrant ses cadeaux : des livres et du vin), les membres du bureau qu’il avait réunis autour de lui et tous les assistants de cette soirée, l’occasion de souffler nos dix ans, de chanter et, comme il se doit, de discourir un peu... La comparaison malicieuse entre Pablo et Maître Porpora (personnage du roman de George Sand, Consuelo, offert au chef à cette occasion) m’invite à vous recommander ce récit passionnant, romantique à souhait, qui retrace les aventures d’une cantatrice exceptionnelle, parcourant l’Europe du 18° siècle.

 

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