MUSICA MEDIANTE
Accueil du siteARCHIVES Musica Media N° 1-8, par Alexandra Musica Media N°1 - février 2005
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La double fête des Vêpres : quand la musique monte et verdit...
lundi 11 avril 2005

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C’est bien lui, Claudio Monteverdi, peint par Bernardo Strozzi.Visage émacié, regard noir très profond, un peu détaché.Qui se douterait que cet homme aux traits ascétiques, dans sa dédicace des "Vêpres" au pape, ait osé le jeu de mots :" que la petite montagne (« monte » en Italien) de mon génie verdisse". Cette fantaisie arracha-t-elle un sourire au pontife ? On peut en douter.L’oubli de cette splendeur, pendant deux siècles au moins, donne le vertige.Etonnante coïncidence : un certain Verdi, peut-être vert de jalousie, n’hésitait pas à dire que son presque homonyme « disposait mal ses parties »...
Janvier 2005. Sous les voûtes de l’église Notre Dame de Montferrand, une musique monte : volutes pétillantes du « Nisi Dominus »,tressaillements mystiques des deux Séraphins,ritournelles dansantes de la « Sonata », vocalises fleuries du « Magnificat ».La liturgie inspire enfin la joie.Un peu plus tard, à Genève, la scène du Victoria Hall, grâce à la précision sonore quelle permet, révèle toute la mise en espace des voix et des instruments.Les applaudissements du public,comme une pluie de printemps,saluent l’éclosion d’un bouquet d’harmonies sublimes.
D’une fête à l’autre,c’était à vous entendre un vrai bonheur de pouvoir exaucer l’humble vœu de Claudio. Son génie a,semble t-il, bien verdi. Nous l’avons même très bien fait mûrir.

Quelques propos recueillis après les deux concerts

Fabian Schofrin, contre-ténor :

« C’est une bonne expérience, on se connait depuis longtemps avec Pablo et avec les autres musiciens, on joue souvent ensemble. On a essayé de faire de la musique, on y est arrivé. C’est un plaisir, surtout un répertoire pareil. Parfois on dit que cela roule tout seul, mais là, il faut le chanter quand même ! Aujourd’hui, on a joué dans une acoustique de théâtre, où on entend tout et on était plus proche de ce qu’on appelle « les proportions ». On est arrivé à ne pas subdiviser tout le temps, je pense que c’était mieux. »

Andrea Fossà violoncelliste :

« C’est la plus belle musique du monde, je crois, « les Vêpres ». J’aime beaucoup « Audi Coelum » et j’ai pu remarquer, que même les enfants étaient très attentifs : on a gagné quelque chose. L’accueil était très bien. Etre accueilli par les habitants, ça change tout. On a connu la grand-mère, les petits enfants, le chat qui s’est échappé. Tout cela fait la différence... »

Andrea De Carlo, viole de gambe :

« Le concert de Genève était plus en place, mais à Montferrand, il y avait plus d’énergie, et même, il y avait plus d’émotion, parce que c’était le premier concert et tout le monde avait peur et cela a donné quelque chose de pas rationnel. » Les projets : « Je termine la préparation de mon premier disque avec Leonardo et j’enregistre la musique de Marin Marais pour viole de gambe et clavecin : de la musique française jouée par un italien et un argentin... Le disque devrait paraître au printemps. »

Christophe, ténor :

« Je connais Pablo depuis très longtemps, je me suis toujours très bien entendu avec lui et je crois que ça s’est très bien passé malgré ma venue tardive. J’ai souvent chanté les Vêpres et c’est la première fois que je chante dans une salle de concert et non dans une église. Ca change un peu, parce que l’église sublime certaines parties et il y a une âme dans une église, qu’il n’y a pas dans une salle de concert. Mais le Victoria Hall est une salle exceptionnelle et cela facilite l’écoute des autres et la précision de l’ensemble. J’adore chanter « Audi Coelum » et je vibre toujours dans ce morceau. (Rires) »

Pablo Pavon, chef d’orchestre :

« Si les Genevois ont applaudi comme ça, c’est que vraiment ils ont aimé ! Les choses à Genève se sont mises encore mieux en place. La difficulté, c’était surtout de pouvoir trouver ses repères dans deux acoustiques complètement différentes. Et peut-être, pour le caractère de l’œuvre au premier abord, c’était l’église qui se prêtait le mieux, parce qu’il y a cet aspect spirituel, mais en même temps, quand on voit ce que donne cette musique dans cette salle, c’est fabuleux. Cela nous a permis d’affiner encore au niveau de la mise en place pour les instrumentistes et pour le chœur, parce que l’acoustique étant quand même plus équilibrée, ça permet d’être plus précis. »

 

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