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Programme du concert du 21 mars 2010 : La 5ème Symphonie de Beethoven et la Messa di Gloria de Puccini
jeudi 14 janvier 2010

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LA 5ème SYMPHONIE DE BEETHOVEN

Cette œuvre très célèbre fut créée et dirigée par le compositeur, le 22 décembre 1808, lors d’un concert mémorable à plusieurs titres. D’abord parce qu’il comportait en plus, tout un florilège de nouveaux chefs d’œuvre : la Symphonie pastorale, le 4° concerto pour piano, des extraits de la Messe en ut et la Fantaisie pour piano, chœur et orchestre sur le thème musical qui sera celui de l’Hymne à la Joie de la 9ème. Ensuite parce que c’était un concert d’adieu à Vienne : Beethoven avait rompu avec son "mécène", le Prince Lichnowski ; sa candidature à la direction des "théâtres impériaux" avait été écartée. Etant donc sans ressources suffisantes, déçu dans ses projets sentimentaux, et rejeté par une partie du public de Vienne, il se sentait obligé, malgré son patriotisme allemand, d’accepter une proposition du nouveau "roi de Westphalie", Jérôme Bonaparte, le frère de Napoléon l’envahisseur, au poste de Maître de Chapelle à la nouvelle "cour" de Cassel ! Concert mémorable enfin, parce que son triomphe musical conduisit plusieurs de ses amis viennois à tout faire pour que le compositeur ne parte pas, en persuadant, dans l’urgence, trois princes mélomanes, amis de Beethoven, de lui assurer une rente annuelle correspondant à ses besoins. Il décida alors de rester à Vienne, où il pût désormais déployer tout le génie de sa maturité ! Cette 5ème symphonie en ut mineur est entièrement habitée par le thème initial, les fameuses 4 notes "fatidiques", dont Beethoven disait : "Ainsi le Destin frappe à la porte". Dès le 1er mouvement Allegro con brio, ce thème est confronté, en un combat puissant et incertain, à un deuxième thème, plus doux et optimiste qui symbolise l’espérance et la liberté humaines. L’Andante du 2ème mouvement exprime plus nettement cette ouverture vers le bonheur, confirmée dans le Scherzo, par un véritable défi au Destin. La confrontation est violente, mais conduit dans le Final au triomphe glorieux de la joie sur la douleur, de la liberté sur la fatalité, selon une dynamique exaltée et héroïque qui annonce la 9ème symphonie.

"MESSA DI GLORIA" DE PUCCINI

C’est à 18 ans, en 1876, que Giacomo Puccini (1858-1924) commença la composition de cette messe pour quatre voix, orchestre et deux solistes. Issu d’une longue lignée d’organistes et musiciens d’Eglise, lui-même organiste, c’est tout naturellement qu’il composa, pour son examen final de musique, cette Messe, sa première grande œuvre, qui fut créée en 1880 à Lucques, sa ville natale de Toscane. Mais c’était aussi en 1876 qu’il avait découvert un autre genre de musique : l’opéra, à travers Aïda de Verdi, qui enflamma son imagination On peut dire que la composition de cette "Messa di Gloria" reflète bien une certaine hésitation entre la musique religieuse et le style de l’opéra, entre la musique sacrée et la musique profane. D’ailleurs il n’hésitera pas à utiliser le Kyrie de cette messe dans son opéra Edgar et l’Agnus Dei dans Manon Lescaut ! Et il oubliera vite cette messe, dont d’ailleursil ne publiera pas la partition, qui ne sera retrouvée que beaucoup plus tard, en 1951 aux Etats-Unis, et c’est l’année suivante que l’œuvre sera "recréée" en Italie pour être donnée en public, d’ailleurs avec succès. Mais c’est surtout comme compositeur d’Opéras (La Bohème, Tosca, Madame Butterfly, etc.…) que Puccini est universellement connu et admiré. Cette Messe est une œuvre qui respire la joie de vivre, mais comporte toutes les parties de la liturgie catholique, notamment un Kyrie, empreint d’une douceur mélodieuse et lyrique, un Gloria qui associe des genres très variés : une marche joyeuse, un solo de ténor du style de l’opéra italien, une fugue très classique, un Credo, lui aussi constitué de vastes et riches développements variés. Comme le dit Pablo Pavon : "Avec cette messe, on découvre comment la rencontre de deux styles apparemment antagonistes, musique religieuse et opéra, peut devenir un mariage heureux, qui donne à la musique religieuse un relief nouveau, particulièrement efficace pour exprimer les sentiments religieux."

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Bernard Dumoulin

 

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