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Accueil du siteARCHIVES Musica Media N° 1-8, par Alexandra MUSICA MEDIA N° 8. Autour de "La Passion selon Saint-Matthieu" de Bach, février 2008
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jeudi 4 février 2016
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Gilles Cantagrel : Picander, "l’homme pie"
mercredi 6 février 2008

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Nous remercions Gilles Cantagrel de nous avoir fait parvenir cet article où nous lui demandions quelques précisions sur le poète Picander, créateur de certains des textes de la Passion selon St Matthieu.

Picander, « l’homme-pie », était le nom de plume de Christian Friedrich Henrici (1701-1764). Haut-commissaire à la poste de Leipzig, il avait ensuite décroché un emploi plutôt tranquille à la ville, emploi qui consistait à percevoir une taxe sur les boissons pour le compte de plusieurs administrations territoriales. Cet impôt était collecté par des employés dont il devait superviser la comptabilité et répondre aux questions d’ordre juridique qui pouvaient se poser. Poète de circonstance, il publia à ses débuts des pièces de théâtre un peu lestes, puis se consacra principalement, après sa conversion en 1724, à la littérature religieuse, d’innombrables hommages, des poèmes de circonstance, des cantates profanes et religieuses, des odes funèbres et bien d’autres choses encore. Bach lui demanda de nombreux textes pour ses cantates, ainsi que celui de la Passion selon saint Matthieu.

Pour cette Passion selon saint Matthieu, Picander composa donc les textes des airs de commentaire de la Passion et de la mort du Christ, depuis la Cène et l’institution de l’Eucharistie (Jeudi saint) jusqu’à la mise au tombeau (Vendredi saint), tandis que le récit évangélique est celui de saint Matthieu, et les textes des chorals sont ceux de la tradition luthérienne. Les Passions étant exécutées aux vêpres du Vendredi saint, le récit s’arrête là et ne saurait en aucune façon évoquer la résurrection : ce sera pour le dimanche de Pâques.

Entendue pour la première fois à Leipzig le Vendredi saint de 1727, la Passion selon saint Matthieu a été redonnée plusieurs fois sous la direction de Bach lui-même. Puis elle fut délaissée, parce que durant trops longtemps, demandant des effectifs importants et ne correspondant plus aux goûts plus frivoles de l’époque rococo. C’est le jeune Mendelssohn, âgé de vingt ans, qui en donna la première exécution moderne, au début du XIXe siècle. C’était à Berlin, en 1829, au concert et non pas à l’église. Ce n’était pas une découverte : la musique de Bach n’était pas oubliée, et la Passion était connue, mais on ne la jouait plus. Elle est devenue à compter de cette date une œuvre de concert, et non plus pour la liturgie.

Sur Picander, je me permets de signaler le délicieux petit récit de la fête d’anniversaire des soixante ans de Bach, imaginé par Martin Petzoldt, qui vient de paraître en français, aux éditions Papillon à Genève, sous le titre de Ce 21 mars 1745, Jean Sébastien Bach...

Gilles Cantagrel

Pour plus d’informations sur le prochain festival “Bach en Combrailles” (9/15 Août) autour du thème “Bach, sa famille, ses amis” : http://bachencombrailles.blogspirit.com/

 

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